Formation de Relaxologue-conseil Le Contrôle Cérébral

Le 5 décembre 2002, par Pierre LASSALLE,

Pour VITTOZ, la cause psychologique de la neurasthénie et des psychonévroses réside dans l’insuffisance du contrôle cérébral. Il définit ce contrôle comme "une faculté inhérente à l’homme normal, destinée à équilibrer le cerveau inconscient et le cerveau conscient". VITTOZ précise que chez l’homme équilibré ce contrôle est automatique et se développe avec l’âge et l’éducation. Pour l’auteur, l’équilibre cérébral est normal lorsque l’idée, l’impression ou la sensation peut être contrôlée par la raison, le jugement ou la volonté.

Nous connaissons tous des passages psycho-affectifs difficiles, mais notre contrôle cérébral nous permet de "reprendre le dessus" et de "faire la part des choses" comme le dit le langage populaire. Par contre, si notre controle est instable ou insuffisant, nos idées, nos sensations et nos actes peuvent s’en trouver affectés :

- L’idée devient imprécise, exagérée ou déformée.

- Les sensations deviennent floues voire bizarres.

- Les actes se font désordonnés, dispersés ou inachevés.

Le Dr VITTOZ distingue une certaine hiérarchie dans les symptômes psychiques qui découlent d’une insuffisance de contrôle :

a) UNE PERIODE LATENTE.

Cette période est caractérisée par une impressionnabilité exagérée. Le sujet se laisse affecter trop facilement par mille choses de la vie quotidienne. Il en découle un malaise ou une crainte indéfinissable. Ce malaise débouche soit sur la rêverie soit sur le vagabondage cérébral. La rêverie prolongée mène à son tour à l’apathie et au désintérêt de l’existence. De son côté, le vagabondage entraîne de la fatigue cérébrale, un manque d’esprit de décision et une perte de la confiance en soi. La pensée est toujours projetée dans le passé ou le futur ; l’individu ne vit que très peu l’instant présent.

Au cours de cette période latente, le contrôle cérébral est instable. Les symptômes sont passagers mais se répètent plusieurs fois par jour. Entre les accès, l’individu retrouve sa propre maîtrise. Cette période d’instabilité est de durée variable. Dans un milieu favorable, elle peut régresser vers un retour à la normale. Dans un milieu hostile, elle risque d’aboutir à une insuffisance permanente de contrôle.

b) L’INSUFFISANCE PERMANENTE DE CONTROLE.

Ici, le sujet ne connaît plus les périodes de contrôle qui le reposaient. Il a nettement conscience d’avoir perdu une faculté de régulation. Cette conscience d’incontrôle est à l’origine, pour le Dr VITTOZ, de nombreux sentiments de mal être. Les difficultés d’adaptation, et le sentiment de vulnérabilité qui en découle, entraînent de la lassitude ainsi que des phobies et des obsessions. L’atteinte de l’image de soi se traduit aussi par un sentiment d’infériorité. L’individu sait qu’il ne peut plus vraiment compter sur lui-même ; il devient inquiet, agité, indécis, anxieux. Peu à peu l’angoisse s’installe avec les différentes modalités physiques qui la caractérisent : précordialgie, sensation d’étouffement ou d’étranglement, pression épigastrique, boule dans la gorge. Enfin, le doute incessant qui empêche d’agir bloque la volonté et rend aboulique. Au cours de cette période d’insuffisance permanente de contrôle, la communication avec l’entourage est considérablement affectée. La personne n’est plus du tout réceptive à ce qui l’entoure. Elle subit l’envi­ronnement comme une perpétuelle agression ; elle regarde sans voir, écoute sans entendre, mais elle peut être hypersensible au bruit ou au toucher. Cette espèce de "parasitage" sensoriel entraîne une fausse perception du schéma corporel. Aujourd’hui, de plus en plus de personnes se situent mal dans leur environnement ; elles souffrent d’agoraphobie, de claustrophobie ou de vertiges.

Les causes de l’insuffisance de contrôle.

Le Dr VITTOZ considérait que les causes de l’insuffisance de contrôle cérébral étaient d’abord héréditaires. Il constatait chez les ascendants de ses patients les mêmes symptômes de nervosité. Cet argument est à nuancer car l’ambiance familiale imprègne l’enfant et peut le conditionner dans un certain comportement. Les causes sont aussi émotionnelles, affectives et physiques. Les fortes émotions, les chagrins, les soucis répétés, l’excès de travail, l’intoxication, les traumatismes et les suites de maladie sont autant de facteurs prédisposants. L’accumulation de stress est probablement la cause essentielle du comportement actuel de l’homme moderne : nerveux, incontrôlé, instable, dispersé, irritable, superficiel, agressif et pourtant vulnérable.

Le diagnostic de l’insuffisance de contrôle.

La tension du muscle frontal reflète l’ensemble des tensions musculaires et psychiques. Ce muscle est certainement l’un des plus difficiles à détendre chez un sujet anxieux ou nerveux. Si vous essayez, tout en lisant ces lignes, de relâcher votre zone frontale, vous constaterez aisément une détente générale. Le Dr VITTOZ avait déjà remarqué que le muscle frontal est le témoin de l’activité cérébrale. Voici comment, selon lui, il faut procéder pour percevoir cette activité : "priez une personne de suivre attentivement le tic-tac d’un métronome, ou mieux de le répéter mentalement ; placez votre main sur le front, soit à plat, soit de chant, vous percevrez un petit choc ou battement plus perceptible une fois à droite et une fois à gauche, qui correspondra au tic-tac. Si vous augmentez la rapidité du métronome, ce battement sera plus rapide ; si vous le ralentissez, il suivra le même rythme. Si la personne a une distraction, vous ne percevrez à ce moment-là aucun battement, il y aura un arrêt, un changement dans votre sensation. Il y a donc une corrélation entre la pensée de l’individu et la sensation que vous percevrez."

VITTOZ évaluait le degré de contrôle de ses patients en percevant directement leurs vibrations frontales. Il distinguait, ainsi, des vibrations normales et anormales :- Les vibrations normales peuvent varier en rythme (de 5 à 100 battements par minute) selon l’état de calme ou d’activité. L’amplitude et la force de ces pulsations dépendent du sentiment ressenti. La volonté, par exemple, accentue la vibration.- Les vibrations anormales sont, quant à elles, toujours irrégulières. Dans la surexcitation, l’obsession ou l’angoisse, les pulsations sont rapides, désordonnées, incomptables.

Le Dr VITTOZ avait acquis une telle maîtrise de ce diagnostic qu’il contrôlait couramment, chez ses patients, l’efficacité de leurs exercices en cours. Devant le scepticisme de ses confrères, il chercha à objectiver les vibrations cérébrales à l’aide d’un appareil. Ses recherches furent poursuivies à LYON par l’un de ses disciples, le Dr d’ESPINEY Ce dernier fit construire un appareil composé d’un électrocardiographe et d’un microphone applicable sur le front. Ces vibrations peuvent donc être recueillies et enregistrées pho­tographiquement. Il faut cependant reconnaître que la perception de ces "trains d’ondes" n’est pas évidente. Une solide expérience est nécessaire pour en interpréter convenablement toutes les subtilités. Comme c’est probablement toute la fonction musculaire qui est réceptive à l’activité cérébrale, le Dr BRUSTON contrôle l’effet des exercices en posant sa main sur celle de son patient.

En Biosynergie, nous préférons ne pas nous immiscer physiquement dans l’expérimentation des exercices VITTOZ. Nous notons, avec discrétion et minutie, les nombreuses attitudes infimes qui trahissent l’agitation ou la dispersion du sujet. Nous observons, ainsi, la détente de l’ensemble du visage (surtout le front et la mâchoire), des épaules (trapèzes) et des mains. Nous sommes encore attentifs au rythme, à l’amplitude et à la qualité de la respiration du créatif.

Post-Scriptum :

Extrait de la Mutation de la Tortue, Le TAO de la rééducation psycho-sensorielle, Patrice LAURENT, Editions de VERLAQUE/S.F.E.R.E.
 

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